20 juillet 2008
A Midsummer Night's Dream
(ça pète un titre en anglais les amis, non ?)
Je suis médiocre.
Oh, ne voyez pas là une séance d'autoflagellation de Dimanche soir, digne des meilleurs skyblogs d'ados en pleine crise. Non, c'est une constatation...Je me suis reconverti dans un métier où je ne suis pas bon. Je suis forcé de le reconnaitre. En plus, on ne se prive pas de me le rappeler. Soit.
Honnêtement, c'est pas super facile...Beaucoup de doutes, d'interrogations et ma naiveté a ses limites: je sais très bien que si crise il y a dans pas longtemps (dans le batiment donc), je serai dans les premiers à monter dans la charette.
Je m'accroche, je pense me défoncer au travail...mais j'dois avoir atteint mes limites.
Comment faire pour ne pas se sentir moyen ou médiocre? C'était déjà le sentiment que j'avais quand j'étais rémiste et maintenant que je travaille, je me retrouve au même point, dans une autre mesure. C'est vraiment super difficile de s'épanouir quand on passe les 3/4 de ses journées dans la médiocrité. (oui le dernier quart de journée, je dors et ça je le fais super bien!).
Moi qui ait toujours peur du regard des autres, et surtout de mes proches...Que doivent-il penser si je leur disais tout? "Hey les gars! J'me suis fait traiter de bon à rien sur mon chantier, mais s'il vous plait: faites moi confiance hein!". Voilà, j'y suis...J'ai besoin qu'on m'admire un peu (c'te prétention!) plutôt qu'on me cerne définitivement comme un looooser.
Je n'ai pas peur de me faire virer, même si la pression est forte ("sisi il faut que tu bosses les samedi bénévolement"), mais peur de décevoir, encore et encore.
Faut-il que je me fasse une raison et me dire que je vais passer les 30 prochaines années de mon travail en étant au mieux un travailleur moyen, ou bien dois-je repartir dans une autre voie?
Et sinon, la question qui tue et qui revient régulièrement: est-ce que j'en suis là à cause du système ou bien est-ce de ma faute?
Un peu des deux sans doute: si je n'avais pas galéré pour trouver un boulot je n'aurai pas du me reconvertir, mais j'ai aussi une responsabilité dans mes galères.
Allez, une bonne pour finir...On m'a dit: "Rémi, avec ton passé, tu es sans doute trop sensible pour réussir dans le métier". Bientôt je devrais m'excuser de ne pas traiter mes ouvriers comme de la merde. Autorité et respect ne sont pourtant pas incompatibles. Ce qui prouve que ceux qui réussissent n'ont plus de sensibilité et d'humanité? Remarquez ça expliquerait certaines choses mais pas sûr que le raccourci soit si pertinent.
Bon voilà, c'est peut-être ma crise d'adolescence en faite..."j'veux un scoooter".
Commentaires
courage
je vous découvre via le monolecte...
vous laissez pas abattre par les autres; dites vous que les cyniques sont peut être aussi perdus que vous l'êtes parfois...
Je suis pas considérée comme une proche, on ne se connait que peu finalement, mais moi, pour le peu que j'en sais et même après avoir lu ce post c'est plutôt le côté admirable de ta personne qui ressort, pas du tout le côté looser...
C'est le début
Salut Loser,
ça faisait deux ans que je n'avais pas visiter ton site, je pensais que tu avais finalement percer dans ton domaine de formation initiale, quelle stupéfaction de voir que finalement, tu as tout foutu en l'air pour faire autre chose !
je crois que ce sentiment de médiocrité, c'est le lot de tout ceux qui se reconvertissent. Il va falloir t'accrocher et t'adapter aux usages du métiers, notamment à "exploiter à mort" les ouvriers d'un chantier.
Bon courage
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