Les galères de Rémi Lalouz

ANPE-->RMI-->CDD-->CNE-->CDI, mais j'suis nul au scrabble

09 octobre 2006

Foire aux bestiaux (part' tou)

...nous distribuer des autocollants du salon, en nous demandant de les aposer sur nos CV. (oui, il faut lire la part' ouane, sinon cette phrase ne veut rien dire...). On est alors nombreux à se demander le but de la manoeuvre, et lui de nous répondre que c'est pour faciliter le suivi des CV pour les entreprises présentes à l'intèrieur du salon.
Mouais...je n'suis pas convaincu par ce concept de CV sponsorisé mais comme je ne suis qu'un mouton j'ai fait comme tout le monde: vive l'uniformisation...D'ailleurs si la "Boucherie Jean-Marcel" ou "Chez Bébert, ouverture de portes" veulent sponsoriser mon CV, je suis prêt, puisque mon taux de pénétration des boites est assez important. Par contre les "pompes funèbres Victor" peuvent aller se gratter...

Enfin rentré dans le salon, sous l'étuve des chapiteaux, je me dirige vers la première entreprise que j'avais ciblée (un grand groupe national).
Première déception et pas des moindres, une affichette placardée sur ce stand là: "Pour les Bac+3 et au dessus, merci de plutôt consulter les annonces sur notre site internet".

"Oh les cons..."

N'étant pas encore réceptif à la Lalouz-attitude qui commençait à s'emparer de moi, je trace illico sur une deuxième cible (toujours un grand groupe national), et là c'était la même chose! Et pareil sur le troisième grand groupe que j'avais en vue...Je me suis quand même présenté à une des personnes en bluffant ("je vise aussi les postes de Bac+2") mais rien à faire, personne n'a voulu m'accorder son attention, ni prendre mon CV. C'est horriblement frustrant...
J'étais du coup déjà pas mal en colère puisqu'il faisait chaud, qu'on s'faisait marcher dessus, que ça faisait un long moment que j'avais l'impression de perdre mon temps et que...ça n'était pas qu'une impression pour le moment. J'me suis donc également présenté à 3 autres boites, de tailles plus modestes, mais là ce fut un gros échec également car: "comme Bac+5, vous ne sortez pas d'une grande école et nous recherchons peu de cadres, donc on a le choix sur la qualité du diplôme".
Je traduis en langage Lalouzien: "Même pour caler une de nos tables ou de nos chaises, on ne veut pas de votre CV".

Alors je suis prêt à entendre beaucoup de choses, que je suis mauvais dans les 5 minutes de présentation, que je manque cruellement de confiance en moi, que mon CV est nul (forcément, avec cet autocollant...), etc...mais là, c'était encore une fois totalement désarmant comme situation. Et de m'entendre reprocher qu'au final, l'erreur que j'ai faite, c'était dans mon orientation il y a une petite dizaine d'année (outch), après mon bac. Dur...mais il faut positiver qu'on nous dit tout le temps: "yeaah j'ai une planche d'autocollant gratuite qui m'a pas servi".

A ce moment là j'étais complètement réceptif à ma Lalouz-attitude et j'me préparais à me casser en furie. Mais j'ai été abordé par un mec avec un questionnaire de satisfaction à remplir, et je me suis fait un plaisir d'y écrire ma totale satisfaction, en toute subjectivité, je l'avoue.

Petit apparté à propos de ce genre de salons:
Pourquoi il y a tant d'agences d'intérim présentes dans ces salons? N'est-ce pas à la base un lieu pour faciliter l'interface employeur-demandeur, plutot que de passer par un intermédiaire? On n'a pas vraiment besoin d'un tel salon pour rencontrer facilement les boites d'intérim non plus, hein?
Ou alors...c'est juste pour donner plus de légitimité à un tel salon. Prenez l'affiche de cette année: 350 entreprises pour 30000 emplois à pourvoir! Chouette! Sauf que sur ces 350 entreprises, il doit y avoir un tiers d'agences d'intérim...donc déjà, il y a publicité mensongère sur le nombre d'emplois. Et puis c'est bizarre mais on peut lire "En 2005, près de 5 300 contrats ont été signés". Tiens donc...30 000 emplois (puisque le chiffre était le meme l'an passé) mais seulement 5 300 contrats de signés? Et combien en intérim? Ahem...

Par contre, j'admets volontier que ce salon peut être profitable à ceux qui recherchent dans certains domaines: banque et assurance notamment puisque ces sociétés y sont présentes en tres grand nombre. Pour les autres...

Voilà donc encore une expérience qui m'a permis de prendre confiance en moi (i-ro-nie) mais quand j'ai raconté ça à une amie peu de temps aprés (je ne me souviens plus des circonstances mais puisqu'elle lira cette note...), je lui ai dit, encore énervé par cette journée: "j'en ai marre, le chômage, demain j'arrête..."
Et elle de me répondre, à moitié en train de rire: "ohoh (oui j'imite trop bien son rire), en tout cas si un jour t'écris un livre, t'as déjà le titre..."demain j'arrête"...ohoh".
Je dédie cette dernière anecdote à Olivier Obanne qui a écrit cette note sur son blog ce weekend. ;)

Posté par Remi_Lalouz à 18:12 - Par le passé - Commentaires [17] - Permalien [#]

04 octobre 2006

Foire aux bestiaux (part' ouane)

"Qui n'en veut de mon septième de quintal de kilos de chômeur? De la bonne barbaque, élevé au grand air, d'une grande lignée au pedigré connu!"

Parce que c'est bientôt le forum "Paris pour l'emploi" et que l'an passé, c'était une vraie expérience de "Lalouzerie". Alors finalement la seule différence avec une foire aux bestiaux classique, c'est que les veaux ont la parole (non ce n'est pas le nom d'une nouvelle émission de radio...) et doivent se vendre eux-mêmes.

J'avoue volontiers, que dans ce genre de salon, je ne suis pas super à l'aise, de devoir m'imposer comme ça et faire bonne impression dès la première seconde, dans un brouhaha ambiant et avec une file de personnes derrière prêtes à nous zidaner* au moindre signe de désaprobation du recruteur. Alors oui, j'ai du rater quelques opportunités dans des salons précédents et je ne peux qu'en tirer les conséquences et me retirer définitivement du monde du chômage (aucun Lionel Jospin n'a été malmené durant cette séquence de plagiat)...euh...non...ça ne marche pas comme ça pour moi en fait. Donc c'est comme pour les entretiens d'embauche, plus on pratique, plus on est bon...ou moins on est pire, c'est selon.
Et donc l'an passé, j'avais tout bien préparé le salon comme il faut, notamment parce que j'avais la liste des entreprises présentes. J'ai donc ciblé rapidement celles qui me concernaient (malheureusement pas beaucoup), et préparé mon speech.
Comble de ma melonite aigüe, j'avais même reçu une invitation de la part de la mairie de Paris. Wouaaaahou! J'me suis senti dans la peau d'un V.I.P., sans avoir peur d'un refoulement à l'entrée par les videurs. J'allais pouvoir y aller tranquilou, passer devant tout le monde sous le regard éberlué des manants sans invitation qui feront la queue et entendre des "oh regarde c'est le grand Rémi Lalouz, elle est trop belle sa pochette bleue...", et bien sûr faire un carton à l'intèrieur...Ohoh...

Bah en fait...pas du tout...vous pouvez rester ici et ne pas lire la suite sur le blog de David Guetta.

Alors déjà, plantons le décors: un énooooooorme chapiteau en bas du champ de Mars + un temps de Mai en plein Octobre + plein de monde stressé = "où est-ce que j'ai mis mon maillot de bain?". Moi, j'arrive à l'heure écrite sur mon invitation et je passe à côté de l'entrée marquée "sans invitation", un petit sourire interieur: ouuuf j'allais éviter cette gigantesque file d'attente. Je me dirige vers l'entrée V.I.P. et là c'est le drame (copyright M6), cruelle déception...ben il y avait autant de monde. Et en plus, c'est le genre de file d'attente où, dès qu'on pense être à 2 m de l'entrée, on découvre une dernière boucle à parcourir...Donc c'était looooong...très looooong...Et puis même si les apparences pouvaient laisser croire qu'on attendait pour un concert d'une star internationale (Madonna, Céline Dion, Alan Théo...), nos tronches d'enterrement devaient suffire pour ramener les passants, qui nous regardaient comme des bêtes en cage, à notre réalité... (et je m'excuse pour toute la fan tous les fans d'Alan Théo pour cette boutade). Du coup, tout le monde est tendu dans cette file d'attente, à chemin entre la concentration, le stress et le fait d'en avoir ras le bol de glander et d'avoir chaud. Alors non je n'ai pas été trop étonné de voir certains esprits s'échauffer pour des broutilles ("oh mais vous doublez là?"), mais je me suis dit que je n'aurai pas du foirer les autres salons précédents où il y avait quand même moins de monde.

Arrivé tout près de l'entrée, et donc de la fin de l'attente, un mec vient pour...
A suivre...

(ohoh, j'aime bien faire de l'anticoncept, la suite dans la "part' tou")

* ai-je vraiment besoin de vous expliquer cet astérisque? c'est pour mon quota de néologisme!

Posté par Remi_Lalouz à 17:01 - Par le passé - Commentaires [6] - Permalien [#]

21 septembre 2006

Histoire d'E

(aka Pratiques sado-masochistes des entretiens d'embauche)

Quand j'étais petit, c'est à dire avant de devenir Rémi Lalouz, j'ai pu passer plusieurs entretiens pour des stages. A part une fois, je les ai toujours réussis et je pensais que ça n'était du qu'à mon CV, à mes magnifiques prestations orales et bien sûr à mon charme, mon humour...etc... . Que nenni! Avec le recul, si j'ai pu obtenir ces stages, c'est grace aux pistons (monsieur Patron connaissait le garagiste qui était le voisin du meilleur ami du frère d'un employé du cousin du curé qui officiait au mariage de la patrone de ma soeur...vous voyez le genre!), au fait que je sois ponctuel (on était 2 sur un stage, et l'autre s'est pointé...une semaine en avance à son entretien!), ou que je discute avec l'employé qui vient me chercher à l'accueil de la boite ("oh il fait beau hein?" "j'ai trouvé l'endroit assez facilement finalement").
Bref, rien d'égocentricable...(à partir d'aujourd'hui ce mot se dit).

Du coup, j'ai été très mauvais à mon premier entretien d'embauche de la vraie vie, et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Lors de mon deuxième entretien, je suis tombé sur le cauchemar des entretiens d'embauche: le mec trop gentil! J'étais naïf, je pensais que ça n'existait qu'au cinéma et pourtant je l'ai vu, je lui ai parlé! Du coup, je suis tombé bêtement dans son piège et je me suis fait eu. Là où c'est tres facile de garder sa concentration en face d'un mec tatillon, qui cherche la petite bête, c'est également très facile de se relacher si le mec est trop sympa. Il était tellement sympa qu'à la fin il m'a dit pourquoi il ne donnerait pas suite à ma candidature: j'ai dit trop de "ouais", j'ai utilisé un langage parfois trop familier ("dépatouiller" par exemple), et j'avais l'air trop détendu dans mon attitude. Soit...là aussi je ne peux m'en prendre qu'à moi-même et ça m'a servi de leçon.
Après, c'est en forgeant qu'on devient forgeron, donc c'est en entretiendant qu'on devient entretiendeur (à partir d'aujourd'hui ces mots se disent). Mais ça n'empêche qu'on tombe parfois sur des situations particulièrement désarmantes! Et pourtant, je suis loin d'avoir fait 20 000 entretiens et d'avoir tout vu...

Jour de loose 1:
Etant du genre à arriver bien en avance pour les entretiens, j'aime me balader dans le quartier proche pour me déstresser un peu et pour me faire des films (ah tiens, j'irai manger là le midi...ah tiens, le bus est pas loin...etc...), sauf que cette fois là, mes ennemis de toujours avaient décidé de revenir m'emmerder (au sens propre): les pigeons! La bonne vieille m*** de pigeons sur le pantalon, 10 minutes avant un entretien! Le truc qui donne envie de rentrer chez soi et de se replonger sous sa couette...
Faisant fi de cette honte et affrontant courageusement cette épreuve (c-à-d, en longeant les murs de façon transversale) je suis allé à l'entretien comme ça...
Finalement, en racontant mon histoire, ça a plutot détendu l'atmosphère avec "Monsieur Jerecrute" qui en a bien rigolé. Cet entretien s'est même excellement passé du coup!
Sauf que, et c'est là que ça devient moins drôle, il n'y avait pourtant aucun poste à pourvoir! Non ce n'était pas une candidature spontanée et oui c'était bien une réponse à annonce, c'est ça le pire...Le mec est payé par sa boite pour faire passer des entretiens, et du coup il voit au moins un candidat par jour parce qu'il n'a rien d'autre à faire, en faisant passer des annonces bidons! C'est désespérant...Avec l'expérience, on repère facilement ce type d'annonce (c'est marrant mais je connais des annonces qui existent depuis 2 ou 3 ans, et qui sont à pourvoir dans l'urgence...à part la date, elles ne changent pas). En plus, dans mon compte des personnes vivant grace au chômage (note Et si... ), ça fait quelques personnes de plus!
Ce jour là je suis rentré chez moi bredouille, en ayant réussi pourtant, et avec une belle tâche sur mon pantalon...Sympa.

Jour de looze 2:
L'entretien se déroule en lointaine banlieue parisienne...Ce qui veut dire: 2h de transport pour un trajet (métro, puis RER, puis bus, puis re-bus). Ce qui était drôle, c'est que le dernier bus, j'étais tout seul dedans! On était en plein été (2005) et il n'y avait pas un chien...ça fait une drole d'impression, du coup j'ai été papoter avec le chauffeur de bus (oui, je suis un boulet) pour évacuer le stress.
Je rencontre Monsieur Jerecruthéjesuihunkonar et l'entretien se passe plutôt pas mal pour moi je crois...Au bout d'une heure de questions classiques, il se lève et me dit que c'est fini pour lui et qu'il va maintenant me présenter son collègue qui me posera des questions plus précises sur mes compétences.
Je souffle un peu pendant son absence et j'attends...
Peu de temps après son collègue rentre, me salue, s'assoie, ouvre mon dossier et là...(c'est le draaame), grand moment de solitude....pour lui!!!
Il me dit: "Ah mais non, j'lui avais pourtant dit de ne pas vous faire venir, vous n'avez pas le bon profil"
En moi-même: "je fais quoi? je cours dans le couloir pour trouver l'autre tâche, lui dévisser la tête et lui chier dans le cou? ou bien je me jète de suite par la fenetre (bon c'était le Rez de Chaussée mais quand même!!)"
Donc voilà, fin de l'entretien, l'autre n'est même pas revenu et c'est monsieur Collègue qui m'a raccompagné à la sortie en s'excusant.
Résultat pour moi: 2h à repasser dans les transports, 15-20 euros en moins dans mon porte monnaie (c'est cher les transports...grrrr), tout ça parce qu'un frustré se faisait chier en plein été à son travail et qu'il a du se dire "tiens j'vais m'faire un petit jeune qui débute".

Voilà, j'pourrais ajouter que maintenant les entretiens d'embauche, c'est souvent du n'importe quoi, du genre 4 mois de recrutement, avec des entretiens de 2h30 où on sort lessivé d'avoir répondu à des questions à la con (vous avez souvent des petites copines? comment ça se passe avec votre famille?), mais celui là, je l'ai encore trop en travers de la gorge pour pouvoir en parler tranquillement...(et pourtant la fin malheureuse date maintenant de plus de 2 mois).

Un entretien d'embauche, c'est soit du sadisme, soit du masochisme, suivant de quel côté de la barrière on se situe...(et j'vous dis pas les gens que j'vais récupérer sur mon blog avec ces 2 mots là). Oui je sais, le travail c'est pas mieux...

Posté par Remi_Lalouz à 15:05 - Par le passé - Commentaires [15] - Permalien [#]

19 août 2006

Thérapie de groupe...suite...

C'est marrant comme le fait d'écrire et de décrire ses expériences peut parfois avoir un effet direct sur notre perception des choses.
Une partie du commentaire de "Boo" sur la note précédente m'a mis la puce à l'oreille gauche (je précise, car elle est tres con cette expression sinon, ou le mec qui l'a inventé ne devait en avoir qu'une, d'oreille...bref je m'égare comme souvent) Et je crois que si j'devais ré-écrire cette note, je la referai différemment (mais je vais la laisser telle quelle). En me relisant j'ai l'impression qu'un malentendu peut subsister: je peux avoir l'air de faire une leçon de morale, ou juger tel comportement et ça n'est véritablement pas le cas.
En fait, j'm'imagine entrain de lire cette note sur un autre blog, peut-être à un des moments où je n'ai pas la patate et je crois que je m'entendrais dire: "bah c'est chouette, vlatipa que je devrais culpabiliser parce que je me plains..." (vlatipa étant un mot digne d'un samedi soir, c'est à dire que j'ai cherché au plus simple pour l'écrire...).
Loin de moi cette idée! Je suis loin d'être parfait mais je gère les choses à ma façon, en essayant de ne juger personne, ayant moi même horreur de l'être.

Cette précision étant apportée, vous pouvez reprendre une activité normale, et tentez de recasez vlatipa le plus souvent en ce dimanche!

Posté par Remi_Lalouz à 22:44 - Par le passé - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 août 2006

Thérapie de groupe

(j'écris cette note apres avoir vu le dernier post de l'excellent blog d'Irène, puisque ça m'y a fait fortement penser)

Comme vous l'avez vu sur la note Paris-Visite , j'ai eu plusieurs fois l'occasion de me retrouver en groupe, autour d'une table avec des gens dans ma situation. Ces passages obligés sont souvent le point de départ d'une prestation vers un retour à l'emploi.
Quand je dis "obligé", c'est que je reste toujours dans l'optique d'accepter tout ce qu' "on" me propose, pour éviter les sempiternelles "vous n'aviez qu'à accepter cette aide, je suis sur que vous auriez trouver du travail". C'est un peu lâche de ma part puisque l'aide apportée ne m'apporte rien au final mais ça me permet de passer au dessus du culpabilisme extérieur. C'est déjà ça de gagné!

Alors forcément, je suis devenu un méga-blasé de ce qui semble être des thérapies de groupe dignes des Alcooliques Anonymes. Non, je ne suis pas entrain de faire un coming-out sur un éventuel passage chez les AA mais je n'imagine que trop bien, puisque pour moi ça donne:
"Bonjour, je m'appelle Rémi" ,
Là, dans ma tête raisonne : "bonjouuuuuuuuur Rémiiiiiiiiii", par tous, à la collégiale
"Je suis au chômage depuis 3 ans, avec quelques périodes d'intérim et de CDD depuis"
"J'ai arrété le travail il y a 3 ans mais j'ai fait depuis quelques rechutes"
Assistance: "OOOOooooooh" de tristesse partagée, feinte.

Et puis raconter son histoire, pourquoi on ne trouve pas, ce qu'on cherche, raconter encore et encore, toujours...Ce qui me donne le désagréable effet de se complaindre dans ce qu'on est. Essayez de placer des trucs du genre: "je suis tres heureux, ma soeur vient d'accoucher d'un bout d'chou magnifique...etc" et on va vous prendre pour quelqu'un qui prend son chomage à la légère et qui en a rien à faire. Alors bien sûr, ce genre de réunion est tres utile pour certaines personnes. J'vais tomber dans les clichés mais il y a toujours des personnes entre la quarantaine et la cinquantaine, mariées, et dont le conjoint travaille, et qui sont sociablement seuls! Entre le mari ou l'épouse qui bosse pour subvenir aux besoins du foyer et qui ne doit pas comprendre leur situation et les faire culpabiliser, et les amis qui pensent que si il/elle ne bosse pas c'est que c'est entierement de sa faute...ces personnes s'isolent, et souvent tombent dans la dépression. On sent ainsi tres vite qu'elles ont besoin de parler et de partager. Et de voir que d'autres sont dans leur situation, on a l'impression qu'elles revivent.
J'en suis ravi pour elles! Mais au fond, ça me fait de la peine...

Alors au tout début, et étant quelqu'un d'assez à l'écoute des autres je crois, ça ne me dérangeait pas. Et ma façon de gérer le truc était de prendre la chose avec bonne humeur et rigolade (ouais j'leur ai fait subir mes blagues à 2 balles...le boulet!)...d'être moi-même tout simplement! Mais je parlais tres peu de moi puisque j'avais compris qu'il fallait mieux se plaindre (et que je n'en ai pas envie) et j'écoutais les autres.
Sauf qu'il faut être méga blindé dans sa tête...Parce qu'arriver dans une salle surchauffée où pendant 2h vous allez entendre des gens se plaindre, bah ça ne donne pas envie d'ouvrir les fenêtres pour aérer un peu sous peine de voir sauter la moitié de l'assistance!
Par contre, comme tout le monde j'ai mes problèmes et y'a des fois où on a envie de pousser une gueulante. L'été dernier, et sans vouloir épiloguer dessus, j'ai vécu un drame dans ma vie...Mais comme d'hab je décide de ne rien dire et de faire comme si... J'me pointe au début de semaine à une de ces réunions où là j'entends un mec qui se plaint de s'etre fait mal au genou le dimanche au foot et qu'il était déprimé à cause de ça, et que la vie était dure...etc...
Interieurement, j'étais sur le point d'exploser et à 2 doigts de l'insulter...ce que je n'ai, heureusement pas fait. Avec le recul, si le gars est déprimé pour ça, c'est plutot triste pour lui et pas la peine de le faire culpabiliser plus avec mes soucis, c'était un raisonnement à chaud d'égoïsme. Ouf...

Mais alors? Tout ça pour quoi au juste?

Je rappelle que la plupart du temps c'est le point de départ d'une prestation d'aide au retour à l'emploi. Est-ce que je vous ai parlé d'un "animateur" de groupe plus haut? NON, bien qu'il soit présent à chaque fois. Parce que, comme d'hab, le système est gangréné. Il est très facile et préférable pour les gens payés pour nous aider de nous voir se replier sur nous même et se complaindre, ça donne un sens à leur action! Parce que, quand ils voient plus tard qu'ils ne peuvent que tres peu nous aider concretement, ils leur restent la satisfaction de nous avoir sorti du trou. Alors que finalement pour le trou, ce sont eux qui avaient fourni les pelles.
Encore une fois, je ne fustige pas les personnes mais ce système hypocrite...

Moralité: encore et toujours se débrouiller tout seul, et se blinder pour le reste.
Mais surtout je continue à dire que malgré mes galères et mes doutes (communs à chaque personne), je suis très heureux et je profite de la vie! Et j'en suis fier! Tant pis si ça choque...

PS: j'ai battu le record du monde des blogs du "plaçage" du mot "plaindre" dans cette note. Merci de ne pas applaudir et promis je ne tenterai pas de le rebattre ;)

Posté par Remi_Lalouz à 15:06 - Par le passé - Commentaires [2] - Permalien [#]

16 août 2006

Délicatesse et longue mémoire

Quand ça veut pas, ça veut pas!
Il y a des jours où, je ne sais pas pourquoi, tous les recruteurs se décident à vous répondre en même temps et même si on s'y attend, c'est un peu gavant d'avoir 5 mails et 2 lettres de refus dans la même journée.

La plupart des réponses négatives à un poste se ressemblent et sont plutot courtoises. Décryptage personnel:

"Monsieur Lalouz,"
Tiens c'est marrant, dans certains mails reçus la police d'écriture de mon nom est différente du reste du texte...serait-ce là un cas de copié-collé déguisé?
"Vous avez postulé à tel poste dans notre entreprise et nous vous en remercions"
Ouh là! C'est mort! Pas la peine de lire la suite, s'ils nous remercient si tôt dans la lettre c'est que la suite ne va pas nous plaire...
"Apres examen attentif de votre candidature et malgré la qualité de votre profil et de vos expériences..."
Snif...le couperet va tomber...
"...Nous avons le regret de vous annoncer..."
Quoi? Qui est mort?
"...que votre candidature n'a pas été retenue pour ce poste".
Ah ouf j'ai eu peur...Cette tournure de phrase est d'un tel cynisme...

Par contre, j'ai remarqué que de plus en plus de recruteurs copier-collaient rajoutaient maintenant un dernier paragraphe bien sympatique:
"Nous vous souhaitons que vos démarches vous permettent de trouver rapidement un poste à la hauteur de vos attentes. Cordialement,...etc..."...ou quelque chose de la même veine. Certes, ça n'est pas grand chose, mais au moins la réponse est claire pour ce poste là et je garde une bonne image de l'entreprise.

Mais comme pour tout, on a des fois des retours gratinés...Et j'ai en souvenir une vraie matinée de loose, en début d'année, qui m'avait bien plombée le moral. A peine terminés quelques mails de candidatures, plus ou moins éloignées de mon domaine, je recevais déjà un mail de refus à une des premieres annonces répondues. Bon...ça arrive...10 minutes plus tard, un coup de fil. C'était un responsable d'une petite boite d'intérim. Je venais effectivement de postuler à un emploi par leur intermédiaire et il souhaitait des renseignements complémentaires sur mon parcours.
Lui:"Vous avez des trous dans votre CV, qu'avez vous fait pendant ce temps-là?"
Moi, discours rodé: difficile de trouver parce que Bac+5 sans bcp d'experience et trop diplomé pour les métiers "en dessous"+ jobs alimentaires...etc...
Lui, passant du poli au désagréable: "Ah mais vous ne trouverez jamais!!!"
Arrrrrgggggggggggggggggggh...J'étais scié! Maintenant avec le recul, j'aurai du lui rentrer dedans, peut etre qu'il n'attendait que ça, pour me tester, mais sur le moment j'ai du bredouiller quelques explications surement pas tres convaincantes du fait de ma surprise et de ma déception. Bien sûr je n'ai jamais eu le poste...
Je raccroche, complètement dégouté...et je vois que j'avais reçu un nouveau mail, également une réponse (rapide) à une annonce, que je vous livre telle quelle...attention, c'est tres long:

"le poste est déjà pourvu et en plus vous êtes trop diplomé!!!"

Pas de bonjour, pas de merci, pas de bonne continuation...non juste une phrase de merde avec 3 "!!!" à la fin qui signifient surement, "mais t'es trop con d'etre trop diplomé, c'est pas possible!". Enfin bref, je garde le mail, et tous les autres, je garde les noms des gens à qui j'ai affaire, également les peu courtois et peut etre qu'un jour je saurai m'en rappeler.
J'ai le souvenir inverse d'un de mes stages où mon chefaillon (j'appelle chefaillon le mec qui était frustré toute sa vie et qui, le jour où on lui confie une petite responsabilité, se prend pour le Roi du monde. Oui je sais, vous en connaissez plein!) ne se privait pas de m'en faire voir de toutes les couleurs. Ses collègues en étaient parfois génés et l'info est vite remontée à son chef à lui. Mon stage terminé, et ayant gardé des contacts amicaux dans cette boite, j'ai appris qu'il s'était bien fait engueulé. "On ne traite pas des stagiaires comme ça, un jour ils pourraient devenir nos collaborateurs ou pire, nos clients". Et oui, le monde du travail est petit parfois.
Et moi, pendant ce temps là, ma liste noire s'allonge...

Alors si vous êtes employeur (ou futur employeur) et que vous lisez ce blog, n'hésitez pas à prendre juste 30 secondes de plus sur votre temps quand vous répondez par la négative à un candidat. Dans son intéret à lui, pour pas qu'il se décourage, mais surtout dans le votre!

Les nominés à ma liste noire 2006 sont:
(biiiiiiiiiiiiiiiiiiip)
...un jour peut-être...

Posté par Remi_Lalouz à 17:22 - Par le passé - Commentaires [9] - Permalien [#]

12 août 2006

"Worst of" perso, Volume 2

C'est la suite du "Worst of" Volume 1 pardi! Sinon j'aurai appelé ce poste "La jeunesse de Derrick" ou bien "Comment casser un sucre avec 2 doigts"...euh...enfin...si j'voulais parler de Derrick ou de sucre...mouais...enfin bref passons...

Voilà comment s'est déroulé mon dernier passage à l'ANPE, il y a quelques semaines...Encore une fois, je reprécise que j'ai de la rancoeur uniquement contre le SYSTEME, et pas contre un corps de métier, même s'il contient quelques moutons noirs, comme partout. Je suis peut etre moi-même un chomeur-mouton-noir qu'on singe sur les blogs racontant des anecdotes sur les chomeurs se présentant. J'en serai ravi!

D'habitude les convocations que je recevais était assez précises: "prière de vous présenter tel jour à telle heure". Or ce coup-ci, il y avait une nouveauté: "prière de vous présenter entre tel jour et tel jour, impérativement". Mouais, j'étais pas super emballé...et ça sentait l'attente interminable puisque pas de date, ni d'heure précise (j'avais un truc quand j'étais convoqué à une heure précise, c'était d'arriver un quart d'heure avant...comme ça on est le premier ou deuxieme à passer parmi la dizaine de personnes convoquées à la même heure).
Me présentant donc à l'accueil, où 2 personnes officiaient (c'est important pour la suite de l'histoire), j'ai eu la surprise d'apprendre en fait que je n'étais convoqué....qu'à l'accueil! Et que je ne reverrai pas de conseiller ce coup-ci. Motif:
"Monsieur Lalouz, il y a eu des nouvelles réformes, et vous ne serez plus suivi par notre agence. Plutot que de convoquer uniquement les chomeurs de l'arrondissement, chaque agence aura son pole de compétence spécifique. Ainsi vous allez dépendre de l'agence de tel arrondissement spécialisée dans votre domaine. Vous verrez normalement toujours le même conseiller de ce fait."
Je trouve quand même que c'est une très bonne idée...
"Donc voilà, j'vais vous remplir votre feuille pour dire que vous etes bien passés et l'autre agence vous reconvoquera....dans 6 mois"
Je trouve du coup, que c'était une fausse bonne idée...
Bon, j'voudrais quand même pas me plaindre de ne pas voir quelqu'un, alors que je sais tres bien que ça n'aurait surement servi à rien. Mais franchement, je n'avais vu personne depuis 6 mois, là je viens juste "pointer", et on me reconvoque 6 mois plus tard. Et apres on entend aux infos que les chomeurs sont de plus en plus suivis et aidés? En 1 an...il peut s'en passer des choses quand même.
Enfin bon, on apprend à ne même plus s'étonner maintenant. Et je crois que j'peux rajouter sur mon CV "3 ans d'experience par intermittence de non-étonnage". Une carrière de mauvais acteur m'attend dans la prochaine saga de l'été "Le Maitre du Zodiaque se marie à Saint Tropez".

Par contre, ce qui m'avait vraiment fait bondir ce jour là, c'était ce qui s'était passé avec l'autre collègue de l'accueil (vous suivez toujours?) pendant que ma mienne à moi m'expliquait, remplissait ma feuille, allait chercher l'adresse de l'autre agence...etc...
Un monsieur, épais dossier sour le bras, se présente avec une jeune fille et semble un peu agacé.
"Bonjour, l'agence ANPE de tel arrondissement m'envoie ici, je suis patron de telle boite et je souhaite engager mademoiselle avec tel contrat" (j'avoue avoir oublié le nom de ce contrat.Toujours est il qu'il avait besoin du Visa d'une ANPE) "J'ai tous mes papiers avec moi, j'ai pas pu la faire commencer hier (on était un mardi), est ce que je peux voir quelqu'un pour la faire commencer dès aujourd'hui?"
Et la personne en face de lui répondre:
"Ah non désolé monsieur, tous nos conseillers sont pris...Il faut que vous rappeliez et que vous preniez rendez vous..."
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Outrage collectif dans la file d'attente! On est dans une agence pour l'emploi, un mec veut embaucher quelqu'un, visiblement sur le champ, alors qu'il y a que dalle pour toutes les autres personnes présentes à ce moment là, et on lui dit non? Moi, si j'devais attendre pour un conseiller ce jour là, j'aurai cédé ma place avec plaisir! C'est quand meme pour du travail! La pauvre fille, future embauchée était pétrifiée...La suite, par monsieur-patron, franchement en colère:
"Et puis quoi alors? J'perds 2 heures de mon temps parce qu'on m'tringbale d'une agence à une autre et pour rien? Alors j'vais rappeler et j'pourrais l'embaucher quand? Dans 3 mois?"
mister-big boss: one point...monsieur-patron: un point...
Sur ce, un responsable de l'agence débarque pour prendre les choses en mains et finalement trouve un arrangement pour raccourcir les délais au maximum, la semaine à peine entamée étant quand même fichue pour la future embauchée, pour ce que j'ai compris...

J'ai donc fait mes adieux à cette agence ce jour là, l'adresse de ma nouvelle agence dans la poche...Malheureusement, ça n'était pas des adieux pour la raison que j'aurai souhaitée...
Remarquez, j'ai encore beaucoup de temps devant moi avant une nouvelle reconvocation, alors qui sait? Etait-ce la der des ders?
J'y crois...TOUJOURS!

Posté par Remi_Lalouz à 23:47 - Par le passé - Commentaires [8] - Permalien [#]

10 août 2006

"Worst of" perso, Volume 1

Pour continuer sur le thème de l'ANPE de la note précédente et des commentaires qui en ont découlés, je vais m'attarder un chouïa sur un petit résumé de mes expériences ANPEiennes...

Tout d'abord je tenais à dire qu'une grande partie des gens que j'ai rencontrés tentent de faire preuve de bonne volonté mais qu'ils n'ont ni les armes, ni réellement le temps...Je n'ai pas du avoir d'entretien qui a duré plus de 10-15 minutes.
Pour un suivi tous les 6 mois, sachant qu'on ne tombe que rarement sur le meme conseiller (et puis même si ça nous arrive, à moins de faire un roulé-boulé en arrivant ou bien d'avoir quatre bras, c'est impossible qu'il/elle se souvienne de vous), et que je pense tout mettre en oeuvre pour retrouver un CDI, que voulez vous que ce conseiller me dise? Du coup, apres avoir passé l'écueil du "on va vous inscrire à l'atelier CV", puis de son petit frère (c'est l'évolution naturelle sans doute) "on va vous inscrire à l'atelier Lettre de motivation" et enfin du grand luxe absolu "vous êtes à l'aise en entretien? parce qu'on peut vous aider"....ben ça tourne plutôt à une conversation où le conseiller me raconte sa vie!
"Oooh mon neveu est dans votre situation et c'est vraiment pas facile pour les jeunes aujourd'hui..." Ouf, ça me rassure.
"Eh oui on a de nouveaux locaux tout neuf, mais il fait super chaud l'hiver". Mince, les boules.
"Ah tient, vous êtes originaire de telle région, j'ai un cousin dans tel patelin, c'est super typique et les gens sont sympas comme tout". Trop content de le savoir.
Du coup, c'est balot, mais des fois j'me trompe et chez mon boulanger je demande un CDI de campagne coupé et des CDD au chocolat...Une mauvaise association d'idées sans doute...

Bon, ce n'est pas bien méchant pour la plupart du temps (juste inutile)...sauf que des fois on tombe sur des phénomènes et qu'on entend des choses assez scandaleuses...
Lors de mon deuxième entretien (donc apres 6 mois de chomage), j'ai été reçu par une nana tellement désagréable, qu'elle ferait passer un épisode de Chapi-Chapo pour un film d'épouvante, rien qu'en participant au bruitage.
Elle: "Ben ça fait 6 mois que vous êtes au chômage, mais avec vos diplomes, c'est pas normal, qu'est-ce que vous faites de vos journées?"
Ce qui me traverse l'esprit:" Bah j'regarde Derrick toute la journée, conn***, pourquoi le boulot nous tombe pas dessus par hasard?"
Moi: "Bah je fais mon possible mais quand je postule à un poste de bac+5, j'ai pas assez d'expérience, et à un poste en dessous, ce qui ne me gènerait pas, j'ai trop de diplôme"
Elle: "Mouais, j'suis étonnée...j'vais regarder ce qu'on a dans la base de données"
Et de taper sur son ordi comme une sauvage...
Elle, génée: "oh bah aucun CDI ou CDD de proposés qui vous correspondent"
Moi (rictus de sourire interne pdt 1 seconde, même si j'eusse été content qd même qu'elle me propose quelque chose): "vous voyez bien..." (le "j'eusse été content" de cette phrase est placé sans grande garantie du bon accord avec le reste de la phrase...mais j'trouvais que ça "poutrait" bien)
Elle: "oui mais c'est sans doute un bug de nos services, ça arrive souvent" (mauvaise foi inside)
Elle: "en attendant, vous voulez pas refaire votre CV, parce qu'il est pas tip top"
Ce qui me traverse l'esprit: "Ta précédente collègue et les 7 personnes qui se sont penchés dessus t'attendent à la sortie"
Moi, dépité et ironique: "Allez-y, je prends tous les conseils qu'on me donne"
Quelques flèches et gribouillis plus tard, me voilà foutu dehors avec un "au revoir et à dans 6 mois" qui collait bien avec le personnage...11 minutes, montre en main et pas bcp plus avancé...

Bon cette note étant suffisamment longue et ayant du taf à chercher (Derrick doit bien commencer bientot,quelque part à la TV, non?;) ), je remets la suite à plus tard...ce soir ou demain...
A suivre, donc...

Posté par Remi_Lalouz à 15:59 - Par le passé - Commentaires [4] - Permalien [#]

08 août 2006

Paris-Visite

N'étant pas originaire de Paname, et profitant de mon passage dans la capitale pour visiter un petit peu, voici mon parcours initiatique dans cette belle ville, par ordre d'apparition de mes lieux de découverte chomistique:

- l'Antenne ASSEDIC de mon arrondissement,
- l'ANPE de mon arrondissement: une fois tous les 6 mois pour rendre des comptes,
- l'APEC la plus proche (puisque j'ai un bac+5): de temps en temps,
- l'AFIJ (association qui aide les jeunes diplômés),
- une antenne d'aide sociale de la mairie de mon arrondissement, pour mon inscription au RMI (cf antépénultième note),
- la maison du développement économique et de l'emploi de mon arrondissement (puisque comme bénéficiaire du RMI on s'engage par écrit à chaque nouveau contrat d'insertion à tout faire pour retrouver rapidement un emploi): une fois par mois à peu pres pour rendre des comptes,
- une association de bénévoles dont le nom m'échappe: quelques entretiens de groupe puis un entretien individuel,
- une première entreprise privée de reclassement dont je tairai le nom (ces entreprises passent des contrats forts onéreux avec le mairie pour récupérer des chômeurs, en échange ils s'engagent à leur trouver un emploi): 3 entretiens individuels et assez bizarres,
- une deuxième entreprise privée de reclassement (idem que précédemment mais en plus sérieux): quelques semaines de travaux de groupes, puis entretien individuel tous les 2-3 semaines pour rendre des comptes,
- les locaux de la mairie de Paris (enfin la maison mère!!!), pour l'inscription à un concours,
- une autre ANPE de l'arrondissement voisin depuis les nouvelles lois Villepin, puisque maintenant les chomeurs seront classés par compétence et plus géographiquement: tous les 6 mois normalement (peut etre tous les mois bientot?),
- une autre antenne de la mairie de Paris pour éventuellement signer un contrat d'Avenir,
- et bien sûr une saupoudrée d'une quinzaine d'agences d'intérim, une pincée de fora (un forum, des fora?) pour l'emploi, la CAF, la mutuelle, les impôts...etc...et j'en oublie sûrement!

Donc voilà, si un jour vous avez besoin d'un guide touristique, pensez à moi, je pense être bien calé maintenant. Il faut dire que l'Eiffel Tower et les Fly boat, c'est un peu has been...

Bon, ça fait pas un peu beaucoup quand même tout ça? Ne pourrait-on pas regrouper certaines prestations? Je reviendrais plus tard sur certaines de ces expériences, mais j'ai quand même brassé beaucoup de vent pour rien, en dépit de la bonne volonté de mes interlocuteurs, qui n'ont malheureusement pas les bonnes "armes"...et moi, quand je rends des comptes, c'est à dire assez souvent si vous suivez bien, des fois j'm'y perds ("ah j'vous ai pas dit que finalement tel entretien n'avait rien donné?", "ah bon? j'vous ai déjà raconté l'entretien où j'suis arrivé avec une merde de pigeon sur le pantalon?"...).

Mode ironique:
"Chercheur d'emploi, un VRAI métier"
...d'avenir en plus...

Posté par Remi_Lalouz à 15:55 - Par le passé - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 août 2006

"Maman, j'ai raté les 12 travaux d'Astérix!"

(Remake RemiLalouzien 2003 sous titré: "l'histoire vraie d'une quete d'un dossier RMI qui ne menait nulle part")

Lorsque j'ai atteint ma majorité sexuelle, euh...ma majorité civile...euh non...donc ma majorité chômacale(prière de ne pas relever ce mot) de mes 25 ans, mon premier acte civique fut d'aller m'inscrire, non sans une petite gène quand même, au RMI.
Je ne sais pas comment ça se passe dans les autres villes que Paris mais il y a un truc de bien dans la capitale, c'est qu'on voit du monde! Pour le moindre truc nouveau auquel tu postules ou que tu demandes, on t'envoie dans une contrée non visitée au préalable. Mais bon, j'y reviendrai probablement dans une autre note...
Me voilà donc parti vers une antenne sociale de la Mairie de Paris qui m'aidera à obtenir ce fameux graal. Me doutant bien qu'il devait y avoir du monde, je me décidais à y aller à l'ouverture, histoire d'avoir des gens frais en face de mois. J'arrive donc à 9h pétante...14h, je me pointe à l'accueil, je me retrouve face à une dame que j'appelerai Jean-Marceline pour les besoins de l'histoire (c'est mon blog alors si j'ai envie de donner des prénoms ridicules, c'est mon droit;) ). Celle ci, tres aimable, me dit d'aller m'installer dans la salle d'attente du premier étage et qu'on m'appelera.
Pffff, c'était trop facile pour un loozeur comme moi et je me doutais qu'il y avait anguille sous roche...Evidemment il y avait quelques personnes avant moi et je me préparais à attendre un bout de temps, heureusement qu'un bon bouquin de Paul Auster m'accompagnait (mode "avoir l'air intelligent pour ses lecteurs": +10 points). Au bout d'une heure, il me semblait qu'on avait épuisé tous les jokers du public et que toutes les personnes qui étaient là quand j'étais arrivé avait été appelées. Je ne m'inquiétais pas trop quand je voyais des nouvelles têtes me passer devant puisqu'il y avait pas mal de bureaux à cet étage et qu'une bonne partie était visiblement délégué à l'aide administratives des personnes étrangères. Bon, par contre au bout d'une heure et demie, je me suis demandé si on ne m'avait pas oublié. N'écoutant que mon courage (et oui, ne rigolez pas...trop...), je me précipite vers le premier bureau pour demander mon dû. Et je me fais méchamment rembarré par une nana pour qui je n'attribuerai même pas un faux-prénom-pour-les-besoins-de-l'histoire.
"vous n'avez qu'à attendre, on finira par vous appeler, il faut que vous soyez un peu patient quand même"
Mouais...je savais que j'aurai du venir à 7h30...13h30! Au bout d'une heure trois quart, et quand même un peu excedé je repose la question à la premiere personne que je croise dans le couloir, que j'appelerai Providence pour-les-besoins-de-l'histoire. Même résultat...mais vu que j'étais un peu agacé et insistant (le parfait boulet!) elle a poussé sa conscience professionnelle à aller vérifier sur son ordi quand même. Et bien sûr, la Lalouz'touch avait frappé, je n'étais nulle part!
Providence:" Eh bien je suis navré monsieur, mais si vous n'étes pas annoncé, on ne peut rien faire pour vous...il faut que vous retourniez voir ma collègue Jean-Marceline à l'accueil pour qu'elle vous réinscrive sur le serveur, c'est surement de sa faute"
Moi:"....." (je fais bien l'air pétrifié, non?)

Moi en redescendant quatre à quatre les escaliers: "Et biiiiiiiiiiiiiiiiiiip, fait biiiiiiiiiiiiiiiiip, c'est biiiiiiiiiiiiiiiiiiip, bordel de bip" (propos censurés par l'auteur de cette note, sauf le dernier bip, puisque j'ai vraiment dit bip).

Arrivé devant l'accueil devant un Jean-Marceline décomposée (je suppose que sa collegue avait eu le temps de la prévenir au tél), je me maitrise (il faut dire que qd j'ai l'air en colere, je dois faire aussi peur qu'une pub pour une lessive, vue en pleine journée en plus...). Et elle, de me dire:
J-M: "Je suis désolée monsieur, regardez je vous ai bien noté" (elle me montre et effectivement je suis dessus) "c'est pas de ma faute, c'est de la faute d'en haut"
Moi: "En fait, je m'en fiche de savoir qui est la personne fautive, je veux juste qu'apres presque 2h d'attente je puisse obtenir un petit dossier de RMI et apres j'vous embete plus"
J-M: "Bon, je recommence alors, remontez au premier..." (genre je me débarrasse du paquet)

Bon apres, tout le monde a été tres arrangeant, madame Providence m'a qd meme fait passer devant tout le monde en présentant des excuses et en me disant que c'était la premiere fois que ça leur arrivait (je ne doute pas de leur bonne foi en fait, j'ai juste pas eu de bol). Et là où j'ai bien rigolé, c'est quand elle m'a annoncé que normalement, le petit entretien ne servait juste qu'à donner le dossier, répondre à 2-3 questions, et qu'il fallait revenir plus tard avec le dossier rempli, mais que compte tenu de mon aventure, elle prendrait pluss de temps avec moi pour remplir de facto ce dossier pour que je n'ai plus à revenir (yeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!!).
Alors une petite pensée pour tout ceux qui me suivaient, qui ont perdu un peu de temps à cause de moi, et qui eux, devaient surement revenir par la suite...En signe de repenti, j'irai écouter 54 secondes de Francis Lalanne demain...

Quel apres-midi n'empeche, mais mieux vaut en rire!

Posté par Remi_Lalouz à 00:31 - Par le passé - Commentaires [8] - Permalien [#]



« Accueil  1  2   Page suivante »