03 mars 2009
Retour vers le futur
Je suis Rémi Lalouz.
Et je cherche du boulot.
Nonon je ne recopie pas le premier message de ce blog, et on est bien le jour qu'on est. C'est juste qu'il y a un mot que je ne supporte plus, qui commence par "c" et finit par "rise"...ou plutot "riiiiiiiiiiiiiiiiiiise". Et ben vlatipa que c'est l'excuse qu'on m'a donné. Pluss d'explications ce weekend, je suis trop dég pour dire des choses censées, avec des phrases sans insultes et sans le mot "opercule" (ouais je trouve quand meme que ce mot craint, à la base).
Et sinon, Rémi Lalouz est sur facebook, si jamais vous voulez causer ou bien me proposer un boulot d'enfonceur de portes ouvertes.
A + le gens.
20 juillet 2008
A Midsummer Night's Dream
(ça pète un titre en anglais les amis, non ?)
Je suis médiocre.
Oh, ne voyez pas là une séance d'autoflagellation de Dimanche soir, digne des meilleurs skyblogs d'ados en pleine crise. Non, c'est une constatation...Je me suis reconverti dans un métier où je ne suis pas bon. Je suis forcé de le reconnaitre. En plus, on ne se prive pas de me le rappeler. Soit.
Honnêtement, c'est pas super facile...Beaucoup de doutes, d'interrogations et ma naiveté a ses limites: je sais très bien que si crise il y a dans pas longtemps (dans le batiment donc), je serai dans les premiers à monter dans la charette.
Je m'accroche, je pense me défoncer au travail...mais j'dois avoir atteint mes limites.
Comment faire pour ne pas se sentir moyen ou médiocre? C'était déjà le sentiment que j'avais quand j'étais rémiste et maintenant que je travaille, je me retrouve au même point, dans une autre mesure. C'est vraiment super difficile de s'épanouir quand on passe les 3/4 de ses journées dans la médiocrité. (oui le dernier quart de journée, je dors et ça je le fais super bien!).
Moi qui ait toujours peur du regard des autres, et surtout de mes proches...Que doivent-il penser si je leur disais tout? "Hey les gars! J'me suis fait traiter de bon à rien sur mon chantier, mais s'il vous plait: faites moi confiance hein!". Voilà, j'y suis...J'ai besoin qu'on m'admire un peu (c'te prétention!) plutôt qu'on me cerne définitivement comme un looooser.
Je n'ai pas peur de me faire virer, même si la pression est forte ("sisi il faut que tu bosses les samedi bénévolement"), mais peur de décevoir, encore et encore.
Faut-il que je me fasse une raison et me dire que je vais passer les 30 prochaines années de mon travail en étant au mieux un travailleur moyen, ou bien dois-je repartir dans une autre voie?
Et sinon, la question qui tue et qui revient régulièrement: est-ce que j'en suis là à cause du système ou bien est-ce de ma faute?
Un peu des deux sans doute: si je n'avais pas galéré pour trouver un boulot je n'aurai pas du me reconvertir, mais j'ai aussi une responsabilité dans mes galères.
Allez, une bonne pour finir...On m'a dit: "Rémi, avec ton passé, tu es sans doute trop sensible pour réussir dans le métier". Bientôt je devrais m'excuser de ne pas traiter mes ouvriers comme de la merde. Autorité et respect ne sont pourtant pas incompatibles. Ce qui prouve que ceux qui réussissent n'ont plus de sensibilité et d'humanité? Remarquez ça expliquerait certaines choses mais pas sûr que le raccourci soit si pertinent.
Bon voilà, c'est peut-être ma crise d'adolescence en faite..."j'veux un scoooter".
23 mars 2008
Quand on veut...
...on peut!
Sûrement l'expression française la plus conne qu'il soit.
Et pourtant les chômeurs l'entendent constamment, et maintenant que je suis en CDI, dans un milieu assez épargné par le chômage depuis 15 ans, j'y ai encore droit.
Alors ça donne:
Ouais c'est vrai, quand j'étais RéMIste, j'voulais pas trop travailler, tout était de ma faute...Mes CDD et l'Intérim, c'est parce que j'ai enfin voulu...mais seulement qu'un petit peu hein! Faut pas déconner non plus!
Ensuite mon CNE, c'est parce que j'ai sans doute voulu travailler, mais pas encore complètement...(ouais, j'étais jeune et encore un peu bête à l'époque).
Maintenant mon CDI, finis les errements immatures de ma jeunesse, je l'ai voulu!
Mais bon sang, c'est si facile et si vrai!
Quand on veut manger... Au pire, il suffit de voler de la nourriture...
Quand on veut voyager... Au pire, il suffit de frauder les transports...
Quand on veut avoir un toit...Au pire, il suffit de squatter un endroit inhabité...
Pour le travail, c'est pareil, suffit de le vouloir.
Trêve d'ironie.
Moi je l'ai voulu si fort, que j'ai du me réorienter, repartir de zéro dans un autre milieu, faire le deuil de mon Bac+5...etc...Franchement, c'est assez difficile à assumer, à expliquer. Est-ce que je vais réussir?
Alors quand j'entends tous ces gens qui pensent qu'il suffit de le vouloir pour prendre n'importe quel job, ça me désole plus que ça m'irrite. Ils ne savent pas ce qu'ils disent...
Sarko avait dit dans sa campagne qu'il allait instaurer le gel des indemnités chômages au bout de 3 refus de boulot.
Moi j'en ai eu pluss que 3 des propositions de boulot durant mes années de galères...(je ne parle pas des jobs alimentaires). Combien de personnes auraient accepté ce CDD de 18 mois payé 800€ pour trier des diapos, avec un Bac + 5 en poche ?
C'est un exemple, et je comprends très bien que ça peut choquer (ou que ça ait pu choqué) certaines personnes de mon entourage ces refus. Mais, comment pouvoir accepter? Alors bien sûr, on a droit à "il n'y a pas de sous métier..." Certainement...Mais dans ce cas, à quoi bon faire des études si au final on est tous égaux devant le monde du travail. S'il suffisait seulement de le vouloir...
Quand je regarde les autres chômeurs que j'ai pu rencontrer, la situation est identique chez ceux qui le sont de longue durée...Trouver une autre voie, en faisant un effort, souvent couteux, de devoir se réorienter (cf notamment Cédehel, une des blogueuses de mes liens).
Le chomage baisse, le nombre de RéMIstes aussi, mais le nombre de sacrifices et de sacrifiés augmentent!
Et là c'est sur que, "quand on veut..." on peut tout accepter.